Ce qu’elles disent
  • Éditeur québécois

Cela fait quelques années que les femmes de la colonie de Molotschna s’éveillent le matin meurtries et ensanglantées. En discutant, elles ont pris conscience qu’elles faisaient toutes le même rêve, qui n’en était pas un, au fond. Elles avaient été violées pendant la nuit. La communauté a d’abord mis cela sur le compte des fantômes ou du Malin, mais les femmes ont fini par découvrir qu’on les avait agressées après les avoir endormies au moyen d’un anesthésiant utilisé pour le bétail. Les démons responsables de ces attaques étaient des hommes en chair et en os – frères, cousins, oncles.

C’est pourquoi, aujourd’hui, huit femmes de la colonie, issues de trois générations, gravissent l’échelle qui mène au fenil du vieux Thiessen. Elles se réunissent en l’absence des hommes, et à leur insu. Elles ont quarante-huit heures pour arriver à une décision qui changera à tout jamais leur vie et celle de leurs enfants. Faut-il quitter Molotschna, rester et se battre ou ne rien faire ?

Tour à tour acerbes, drôles et sages, les paroles de ces femmes oscillent entre la colère et la compassion. Avec ce huis clos qui s’inspire d’un fait réel, Miriam Toews nous fait toucher quelques vérités essentielles sur l’amour, sur le couple et sur ce que cela signifie pour chacun de nous, qui que nous soyons, de dire non à la violence qui nous est faite quotidiennement.